La dysfonction érectile (impuissance) est définie comme une difficulté à obtenir ou à maintenir une érection suffisante pour un rapport sexuel.

La dysfonction érectile affecte jusqu’à 50% des hommes à 50 ans et jusqu’à 70% des hommes à 70 ans. L’âge d’apparition de la dysfonction érectile est très variable selon les patients.

La dysfonction érectile est à l’origine d’un retentissement négatif sur la qualité de vie des patients avec parfois un sentiment de faible estime de soi.

L’association entre dysfonction érectile et éjaculation prématurée est souvent rencontrée.

Déroulement normal d’une érection :

Afin de comprendre les troubles de l’érection, il est important de comprendre comment une érection normale est censée fonctionner.

En regardant l’illustration ci-dessus représentant une coupe frontale du pénis, vous pouvez voir que le pénis est composé de 3 tubes. Il y a un tube qui transporte l’urine, connu sous le nom d’urètre (le tube rouge) et deux tubes symétriques (les deux tubes violets) nommés corps caverneux, qui permettent les érections .

Lorsqu’un homme est stimulé (visuellement ou physiquement), un signal électrique issu du cerveau se déplace le long de la moelle épinière puis à travers les nerfs du bassin qui sont accolés à la prostate et qui se termine au niveau des artères du pénis (les points rouges à l’intérieur des cylindres violets).

Les artères péniennes sont particulières car il s’agit des plus petites artères fonctionnelles du corps humain et elles n’ont pas de réseaux de suppléance.

Une fois le signal transmis, les artères du pénis se dilatent et deviennent plusieurs fois plus grosses qu’elles ne le sont au repos. Cela permet un afflux de sang de grande quantité qui provoque l’expansion et la rigidité des corps caverneux suffisante pour un rapport sexuel et le blocage des veines qui drainent normalement le sang du pénis. Une fois le rapport sexuel achevé, des enzymes (phosphodiestérase de type 5 en particulier) viennent dégrader les molécules qui favorisent la dilatation des corps caverneux.

Situations pouvant altérer les érections :

Au cours du vieillissement, les artères du pénis perdent leur élasticité et leur capacité à se dilater. Ce problème peut être aggravé par un certain nombre de pathologies médicales courantes, telles que le diabète, les maladies cardiaques, l’hypertension artérielle, l’hypercholestérolémie, le déficit en testostérone et le tabagisme. Des causes iatrogènes (liées à des médicaments) sont aussi retrouvées et nécessitent une approche pluridisciplinaire afin d’adapter les traitements tout en contrôlant la pathologie initiale (exemple : médicaments anti-hypertenseurs, psychotropes…).
Un priapisme prolongé peut aboutir à une dysfonction érectile. La drepanocytose est pourvoyeuse de priapisme.

Enfin, une maladie de Lapeyronie peut être associée à des troubles de l’érection soit liés à la localisation de la plaque ou du fait du retentissement psychologique de la courbure.

L’atteinte des nerfs transmettant le signal des érections peut également provoquer une dysfonction érectile. Cette situation est retrouvée chez les hommes traitée d’une chirurgie (prostatectomie, cystectomie, chirurgie du rectum en particulier) ou radiothérapie pelvienne.

Conséquences de la dysfonction érectile :

Une fois que la dysfonction érectile s’installe, le pénis entre dans un état hypoxique (pauvre en oxygène) pouvant provoquer des cicatrices ou une fibrose du tissu érectile. Il en résulte une perte progressive de longueur et de circonférence du pénis.

Ce processus est difficile à inverser d’où l’intérêt d’initier le plus tôt possible un traitement afin de limiter ces phénomènes.

Traitement des troubles de l’érection :

Les traitements de la dysfonction érectile sont variés et comprennent des médicaments oraux (inhibiteurs de la phosphodiestérase de type 5) qui facilitent les érections, des gels urétraux ou des injections intra caverneuses de prostaglandines qui stimulent les érections et des dispositifs d’érection sous vide (vacuum). Enfin, un traitement chirurgical avec mise en place d’un implant pénien pourra être proposé selon l’efficacité et la tolérance des précédents traitements.

Le traitement de la dysfonction érectile comprend également la prise en charge des comorbidités telles que l’équilibration d’un diabète, l’arrêt du tabac et la perte de poids.

La supplémentation en testostérone peut améliorer les érections mais est uniquement indiquée en cas de valeurs basses de la testostérone sur le bilan sanguin.