Généralités

La maladie de Lapeyronie est une pathologie acquise (apparaissant au cours de la vie) du pénis aboutissant à une déformation en érection.

Elle est classiquement causée par une plaque à l’intérieur du pénis qui provoque la déformation en érection.

Cette pathologie est susceptible d’entrainer en plus de la déformation du pénis :

  • Érections douloureuses
  • Perte de longueur du pénis
  • Troubles de l’éjaculation ou de l’érection
  • Stress psychologique ou dépression
  • Incapacité à avoir des relations sexuelles

L’age moyen d’apparition de la maladie de Lapeyronie est de 53 ans. La maladie touche entre 5 à 10 % de la population. Cette maladie est souvent tabou et peu évoquée en consultation par les patients.

Une courbure présente depuis le début de la vie active sexuelle, sans plaque palpable, correspond à une courbure congénitale du pénis.

La physiopathologie de la maladie de Lapeyronie est mal connue et probablement multi-factorielle.

La maladie de Lapeyronie serait la conséquence d’un traumatisme ou de nombreux micro-traumatismes du pénis. Il est classique que le patient ne se souviennent pas du traumatisme à l’origine de la maladie puisque celle-ci ne se développe pas directement après celui-ci.

Il existe une part héréditaire à cette maladie et la présence d’une maladie de Dupuytren (rétraction progressive du tissu fibreux situé dans la paume de la main à l’origine d’une flexion des doigts) est un facteur de risque d’apparition de maladie de Lapeyronie.

Lors d’une érection, les 2 cylindres à l’intérieur du pénis (corps caverneux) se gorgent de sang et leur croissance du fait de l’élasticité de sa paroi (albuginée).

Lorsqu’un traumatisme survient, l’architecture de l’albuginée est désorganisée et la cicatrisation aboutit à une fibrose empêchant l’expansion des fibres élastiques de l’albuginée. Ce processus provoque les symptômes répertoriés ci-dessus (courbure et déformation en particulier).

Symptômes :

La maladie de Lapeyronie évolue en 2 phases.

La première phase, aiguë ou inflammatoire, est caractérisée par la présence d’une douleur du pénis au repos ou en érection puis à l’apparition d’une déformation du pénis en érection.

Cette première phase est inconstante (présente chez environ 50 % des patients) et dure classiquement 6 mois.

La seconde phase, chronique, est caractérisée par la régression (ou absence) de la douleur et la stabilisation de la déformation avec apparition d’une plaque palpable.

Des rares cas (environ 10 %) d’amélioration spontanée sont possibles.

Certaines formes atypiques sont caractérisées par des récidives douloureuses au cours de l’évolution même après les classiques 6 mois de la phase aiguë.

La maladie de Lapeyronie peut être associée à une dysfonction érectile qui peut être soit la conséquence directe de la maladie ou alors liée aux comorbidités du patient (âge, tabac, diabète…).

Diagnostic :

Le diagnostic de maladie de Lapeyronie est clinique. Des photographies du pénis en érection seront nécessaires afin d’évaluer la déformation et mesurer l’angle d’une éventuelle courbure.

Des examens complémentaires peuvent être demandés dans le cadre du bilan (échographie pénienne ou IRM).

Traitement :

Le traitement de la maladie de Lapeyronie dépend de la gêne du patient.

Il est raisonnable de ne pas traiter une courbure du pénis stabilisée qui permet d’avoir des rapports sexuels satisfaisants pour le patient et la (le) partenaire.

Au cours de la phase aiguë, les ondes de choc peuvent être indiquées en plus des antalgiques classiques ou anti-inflammatoires en cas de douleur mal contrôlée.

Au cours de la phase stabilisée, des injections intra plaques peuvent être proposées associées à une rééducation à l’aide d’un vacuum ou d’un extenseur de pénis. L’efficacité des injections intra plaques est limitée.

Le XIAPEX (collagénase) était le seul traitement médical avec une autorisation à la mise sur le marché (AMM) et une efficacité prouvée scientifiquement mais il n’est plus disponible dans la plupart des pays européens.

L’arsenal thérapeutique médical étant limité, le Docteur AKAKPO pourra vous proposer des traitements innovants conservateurs dans le cadre de protocoles de recherche (ondes de choc et plasma riche en plaquettes ou PRP).

En cas d’échec des traitements conservateurs ou de volonté du patient d’un traitement plus radical, une prise en charge chirurgicale pourra être proposée avec soit plicature ou incision patch selon le degré de la courbure afin de redresser le pénis. Le principal effet secondaire de la chirurgie est la perte de longueur.

La mise en place concomitante d’un implant pénien est possible chez le patient avec une dysfonction érectile et une maladie de Lapeyronie avec une courbure gênante.